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ACCOMPAGNEMENT POUR
FEMMES VIVANT DES DIFFICULTÉS
RELIÉES À LA PROSTITUTION

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SORTONS LES FEMMES DE LA RUE

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La prostitution: Première soirée


L’entrée dans la prostitution peut impliquer différentes causes. Si l’argent représente la motivation première d’une escorte à choisir la prostitution, il n’en demeure pas moins que d’autres incitatifs ou processus peuvent l’y conduire:

 

L’aspect familial dysfonctionnel, l’abus sexuel, la violence, l’aliénation parentale, la consommation de substances, la proximité du milieu et l’aspect interdit du métier peuvent en faire partie. Néanmoins, neuf femmes sur dix confirment que le motif principal de se prostituer est l’argent…

 

Témoignage:

 

Article jeune fille prostituéeLe printemps s’amorce bien et la soirée s’annonce belle et douce. Je me rends dans le stationnement d’un restaurant pour rejoindre Sylvain, le chauffeur de l’agence d’escorte. Celui-ci m’observe quelques instants, et en deux ou trois phrases, je suis engagée.

 

Première consigne:

 

Je dois porter une jupe ou une robe en tout temps. Pas de sa voiture pour se faire trimbaler toute la nuit par le chauffeur de call en call. Je m’installe derrière la camionnette et j’entreprends de me changer. Ces chauffeurs  ne comptent sans doute plus le nombre de fois qu’une fille se change dans le véhicule ou qu’elle se pomponne.

 

Sylvain me conduit immédiatement à mon premier client. Merde, ça va vite! La procédure est bien simple. Dès que j’ai l’argent en main, je téléphone au chauffeur et le chronomètre se met en marche. Sylvain m’explique ces consignes en ajoutant : « une fois que tu es à l’intérieur, c’est à toi de jouer. Plusieurs ont envie de parler, d’être écouté, de se confier. D’autres vont te piner pendant une heure. Toutefois la plupart sont tous gentils ».

 

Je ne me souviens plus du nom de l’hôtel, mais je me souviens de l’impression; corridors étroits et sombres, vieux tapis, odeur désagréable, et surtout les cris d’une femme qui se fait baiser. C’est ce qu’on nomme un hôtel de passes…

 

J’ai de la difficulté à croire que c’est moi qui marche le long de ce corridor, comme escorte, pour aller faire un client. Il y a quelque chose d’irréel dans tout ça. J’avais l’habitude de traverser des corridors d’hôtels, mais pour voyage d’affaires.

 

J’ignore si c’est une rétrogradation ou une promotion! L’avenir le dira. Je porte une jupe noire, des collants noirs, des souliers à talon haut et une camisole sexy. Mes cheveux sont roux accompagnés de mèches rose et mon maquillage, un peu plus abondant qu’à mon habitude, ne déborde pas dans le vulgaire. Mon nom d’artiste? Marie.

 

J’arrive à la porte de la chambre et il ne me reste qu’à frapper à la porte. Je me sens plutôt en confiance et surtout, je me sens belle et sexy. Ce genre d’assurance c’est essentiel. Pas pour lui, mais pour elle. Quand on se sent bien et belle, peu importe le métier, ça facilite les choses.  Un homme grand et costaud ouvre la porte. Dès le premier regard sur moi, je sais que je lui plais. Son teint est sombre, il est italien et se nomme Tony. Il est velu, sans cheveux sur la tête, et une barbe bien trimée autour de la bouche. Il en impose. À la limite, je pourrais le craindre.

 

La question me traverse d’ailleurs l’esprit, un court moment, pour se dissiper rapidement. En fait, il est doux, timide et un peu gamin. Il me dit immédiatement : « ce n’est pas assez long une heure, j’aimerais que tu restes deux heures ». Je préviens donc Sylvain et voilà, c’est parti.

 

Il est assis sur le lit et tout en bavardant, nos mains parcourent nos deux corps. Une relation sensuelle et sans extravagance s’ensuit. Comme première expérience, c’est tout ce qu’il y a de bien. Nous parlons presque tout le temps pendant que je lui fais un massage. Il me raconte un peu sa vie, sa famille, ses amours, etc.

 

Après deux heures, Sylvain me téléphone en me disant : « la messe est finie ma grande ». J’avais oublié de regarder l’heure exacte à laquelle je suis arrivée. Je vais apprendre. Et, oh que oui je vais apprendre que l’ensemble des clients ne ressemblent pas tous à Tony…

 

Vanwesenbeeck, I. (1994). Prostitutes well-being and Risk. Amsterdam, Netherlands, VU Press University.
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