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ACCOMPAGNEMENT POUR
FEMMES VIVANT DES DIFFICULTÉS
RELIÉES À LA PROSTITUTION

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SORTONS NOS FILLES DE LA RUE

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EVA EST FAIT POUR TOI

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CES INTERVENANTES ONT POUR
BUT D'AIDER À SAUVER DES VIES

Conte: Jamais seul


JAMAIS   SEUL  SUR  LE  CHEMIN

 

En matière de jeu, nous avons l'embarras du choix ici. Voulez-vous quelque chose de nouveau? Alors essayez la machine à sous machine a sous 88 fortunes. Jouez et gagnez! Les contes de Noël font partie de la culture occidentale, même les plus contemporains. Ils recèlent un trésor de sens pour qui garde au cœur une part du jardin secret de l’enfance.

 

La-Nativité-adoration-des-mages« L’étoile que les mages avaient vue en Orient marchait devant eux, jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrête. Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie. Ils ouvrirent leurs trésors et offrirent en présent à l’enfant de l’or, de l’encens et de la myrrhe. » (Matthieu 2, 9-11)

 

 

 

LA TUNIQUE DE RAÏCHA

 

C’était un jour de marché. La ville résonnait des cris des marchands. Les gens se bousculaient à travers les ruelles étroites. Soudain la foule commença à s’agiter, une rumeur s’enfla de proche en proche. Des enfants couraient en criant : « Ils s’en vont…, ils s’en vont…, ils s’en vont… »

 

Des vieillards répétaient gravement : « Le Roi du monde nous est né… » Un garçon de douze ans, agile et nerveux, se faufila aux premiers rangs de la foule. Il s’appelait Raïcha. Des hommes venus de loin s’affairaient autour de leurs chameaux. Ils chargeaient des coffres précieux, des provisions pour le voyage. Raïcha ne les quittait pas des yeux. Des cris montaient autour de lui : « Ils s’en vont! Gaspard, Melchior et Balthazar… Ils s’en vont derrière une étoile… »

 

 

Une mère tirait son fils par la main en disant : « Ne regarde jamais cette étoile, elle t’attirerait aussi… » « Moi, dit Raïcha, je voudrais tant voir l’étoile. Je la suivrais, je l’aimerais. Gaspard, emmène-moi, je veux aussi aller là-bas. -Tu es bien jeune, dit Gaspard, le savant qui savait lire dans le ciel. Et puis, qu’offrirais-tu? Regarde, nos présents sont déjà prêts… » Raïcha baissa la tête. Il n’avait que ses mains, il n’avait que son cœur. Balthazar lui dit : « Nous attendrons l’aube pour partir… »

 

 

Raïcha rejoignit sa mère dans leur petite maison. Il lui confia son désir de partir, d’avoir un trésor à offrir au Roi du monde, lui aussi… La mère de Raïcha filait le chanvre. Elle écouta son fils et son visage s’éclaira d’un sourire : « Je sais, moi, ce que tu offriras… » Elle alla vers un vieux coffre vermoulu. Elle tira du coffre une tunique de soie à larges bandes de couleur.

 

 

Raïcha ébloui, regardait la tunique scintillante. Sa mère lui dit : « Je l’ai tissée pour toi, Raïcha, pour qu’un jour tu sois le plus beau. Mais vois-tu, mon fils, si ton cœur décide de la donner, tu es libre… » Et elle ajouta : « Cette tunique a une histoire. Tout au long de ma vie, j’ai rencontré des amis. Ils m’ont donné les fils de soie qui ont tissé cette tunique. Ils y ont mis leurs peines, ils y ont mis leur foi, ils y ont mis leurs larmes. Si tu donnes cette tunique au Roi du monde, il comprendra…

 

 

Écoute, Raïcha, écoute…

 

C’est la tunique d’Arka, le vieux semeur. Un jour, j’ai soigné sa fièvre. Il m’a donné cet écheveau de soie bleue. C’est la couleur de l’amitié.

 

 

 

C’est la tunique de Septira, la vieille mendiante que ses fils et ses filles avaient oubliée. Je l’ai si souvent écoutée. Elle m’a donné cet écheveau de soie grise. C’est la couleur de la solitude.

 

 

C’est la tunique de Rila, le serviteur qui peinait durement sur sa terre. Le maître, sans pitié, ne lui accordait aucun repos. Avec lui, j’ai bêché jusqu’à la tombée de la nuit pour l’aider. Il m’a donné cet écheveau de soie jaune. C’est la couleur de la sueur, c’est la couleur de la misère.

 

 

C’est la tunique de Malenda, qui pleurait près de son enfant mort. Rien, je ne pouvais rien pour elle. Je lui ai pris la main et nous avons pleuré ensemble. Elle m’a donné ces quelques fils d’argent, ce sont nos larmes patagées.

 

 

C’est la tunique de Yogi et Vrenella, si beaux et si jeunes en leur matin de noces. Ils m’ont dit : Viens chanter avec nous, viens danser avec nous et prends cet écheveau de soie verte. C’est la couleur de notre espoir…

 

Un jour, j’ai vendu tout ce que j’avais pour un écheveau de soie rouge. Car le rouge est la couleur de l’amour, couleur de la tendresse de chaque jour…

 

À l’aube, discrètement, la caravane des Rois mages s’en est allée, avec Gaspard, Balthazar et Melchior… et Raïcha. L’étoile brillante les a guidés. Elle s’est arrêtée à Bethléem, et ils sont entrés dans la maison du Roi du monde.

 

« Voici de l’or pour ce petit Roi nouveau-né, a dit Gaspard. -Et voilà de l’encens pour ce fils venu du ciel, dit Melchior. -Que la myrrhe lui soit hommage », a dit Balthazar.

 

Et Raïcha a murmuré : « Voici la tunique de soie que ma mère a tissée pour toi. » L’enfant s’en est amusé parce que la tunique était colorée. Et soudain, serrant contre lui la tunique rayée, sans encore en savoir tout le prix, l’enfant Jésus, pour la première fois, à pleines mains a saisi la vie des hommes.

M. M. Vandewalle ,

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